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vendredi 15 mai 2020

▪ Bilan Lecture Avril 2020 (partie 2) ▪ 7 Romans & Nouvelles


 
 
Bonjour bonjour, on se retrouve, un peu tardivement je l'avoue, pour la deuxième partie de mon bilan lecture du mois d'avril. La semaine dernière je vous ai déjà présenté 3 BD, mais comme vous allez le constater, ce sont surtout des romans qui m'ont animés le mois dernier. Il y en a sept, dans des genres littéraires vraiment très variés donc j'espère que certains titres vous donneront envie. Et comme d'habitude, n'hésitez pas à donner votre avis en commentaire ! Au programme du jour : de la résilience, de la philosophie, du love, quelques frayeurs mais aussi une touche de virus… Go, on embarque pour mes lectures d'avril.

 ♦ 1 V.O 
 
"Everything to live for" (2017)

"Everything to live for" de Turia Pitt
Voilà une lecture que j’ai clairement laissée traîner sur plusieurs mois. Le fait qu’il s’agisse d’un ebook et qu’il soit en anglais n'y est, il me semble, pas pour rien…Il s’agit du témoignage autobiographique de Turia Pitt, une jeune australienne qui s’est retrouvée attaquée par les flammes lors d’une compétition sportive. Il raconte notamment les circonstances de ce tragique accident mais également le parcours laborieux de reconstruction physique et psychologique qu’il a ensuite fallut à la jeune femme et ses proches pour le surmonter. Aujourd’hui, Turia Pitt est une femme inspirante qui partage son histoire sur les réseaux sociaux, dans des livres, mais aussi lors de conférences partout dans le monde. Malheureusement, à ma connaissance, ce livre n’a pas encore été traduit en français. Il s’agit d’une lecture en demie teinte me concernant. J’ai beaucoup apprécié toute la partie où l’histoire de Turia est racontée (il s’agit en réalité d’un roman autobiographique mais écrit à quatre mains, par la concernée et par une personne extérieure). A travers ces pages, on apprend comment elle a fait pour surmonter cette épreuve, alors que près de 65% de sa peau a été anéantie par le feu et qu’elle a frôlé la mort. Ce récit est donc forcément prenant et inspirant par sa dimension résiliente. En revanche, il est entrecoupé de chapitres entiers sur des données factuelles liées à l’organisme qui avait organisé cet évènement sportif qui a tourné au drame. Le livre est donc aussi une attaque envers les personnes responsables et déroule toutes les étapes et informations qui ont alimenté le procès médiatique intenté contre RacingThePlanet. Cette partie là occupe plus d’un tiers de l’ouvrage et m’a clairement moins passionné, j’ai même lu certains passages en diagonale… Au final je conseille donc plutôt de découvrir l’histoire de Turia à travers ses conférences qu’avec « Everything to live for ».


2 CLASSIQUES
 

"Huit-Clos" (1975)

« Huit clos » de Jean-Paul Sartre
Plongée maintenant dans les années lycées et le programme de philo. Au mois d’avril, Arte et Le Mock ont proposé un bookclub tous les dimanche soir, en live. J’ai donc participé à la première édition, qui tournait autour de la lecture de cet ouvrage. Il s’agissait en réalité pour moi d’une relecture, puisque je l’avais lu en terminale. C’est un classique, une pièce de théâtre d’une centaine de pages qui est ponctuée de réflexions philosophiques. Nous suivons l’histoire de trois personnages qui se retrouvent enfermés dans une même pièce après leur mort. Alors qu’ils se demandent pourquoi ils ont été réunis, le huit clos se fait de plus en plus oppressant et entame le début d’un Enfer qui n’a pas vraiment la forme à laquelle on se réfère habituellement. J’ai beaucoup aimé redécouvrir cet ouvrage et je vous le conseille vraiment si vous avez envie de vous initier un peu à Sartre ou la philosophie en passant par un ouvrage accessible. Voici également le lien du bookclub dans lequel l'œuvre est décortiquée : www.youtube.com/watch?v=KdtSvFSsHU4 .


"Le Chat Noir" (1843)
« Le Chat Noir » d’Edgar Allan Poe
Second classique dans ma liste d’avril, il s’agit cette fois d’une lecture effectuée en format audio. Ce n’est pas dans mes habitudes mais j’avais envie d’essayer. J’avoue que niveau concentration ce n’est pas ce que je préfère, car mon cerveau a tendance à vite bifurquer ailleurs en se laissant bercer par la voix. Mais là il s’agit d’une nouvelle d’une trentaine de minutes, qui peut facilement s'écouter en intégralité en une seule fois. Voici le lien de la vidéo pour ceux que ça intéresserait : www.youtube.com/watch?v=T7_9Fo5fhKY. « Le Chat Noir » est donc une nouvelle fantastique, qui date de 1843, dont le récit tourne essentiellement autour de la longue décente dans la folie du narrateur. Il s’agit d’un homme qui sombre dans l’alcoolisme et la violence, qu’il tourne vers sa femme, puis vers son chat Pluton. Quand il commence à s’en prendre physiquement à cet animal de compagnie, qu’il adorait jadis, il bascule véritablement dans une obsession et une perte de contrôle sans retour en arrière possible. Edgar Allan Poe nous délivre ici une histoire efficace et sombre qui m’a clairement donné envie d’en lire d’autres.
 
2 ROMANCES 

"Une dernière danse" (2018)


« Une dernière danse » d’Angie Deryckere
Ce roman est, sans aucun doute, celui que j’ai le moins apprécié dans cette sélection. J’ai eu accès gratuitement à cet ebook par le biais d’une box de lecture spécialement proposée pendant ce confinement. Il y avait un peu tous les genres littéraires, l'occasion donc de sortir de sa zone de confort livresque et de faire des découvertes. Malheureusement celle-ci n'en n'a pas vraiment été une bonne. Cette romance coche tous les clichés avec lesquels j’ai du mal et qui m’ennuient très rapidement, tant l’histoire est convenue et sans aucun suspense. « Une dernière danse » tourne autour du personnage de Teresa Mendez, une jeune femme qui a perdu toute sa famille dans un accident, et le prince McGraw, qui cherche une nouvelle gouvernante pour sa fille, avec qui il a des difficultés relationnelles. Evidemment, c’est notre héroïne qui va prétendre à ce poste et s’acquitter de la tâche particulièrement ardue d’essayer de réconcilier le père et sa fille. Tout va cependant se compliquer quand les sentiments vont se mêler à ce qui n’était initialement qu’un travail. Franchement ça s’annonçait comme les comédies sentimentales Netflix qu’on regarde à Noël. Mais ce qui aurait pu être une lecture sans prise de tête s’est avérée particulièrement agaçante à mes yeux, tant je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage principal. Teresa passe tellement son temps à pleurer, que ce soit de tristesse ou de joie, que ça en perd toute crédibilité. Sincèrement je n’exagère pas, le champ lexical des larmes est présent à pratiquement chaque chapitre ! J’ai également trouvé que le retournement de situation dans  le positionnement et le caractère des personnages était beaucoup trop rapide, entachant encore une fois la crédibilité de l’histoire. Bref, ce roman n’a pas trouvé son public avec moi.




« Notre année trouble » de Sarina Bowen
Deuxième romance, qui tend à prouver que je ne cherche pas particulièrement à m’acharner contre ce genre littéraire puisque c’est plutôt une bonne surprise ! C’était également un ebook gratuit et, pour le coup, j’ai plutôt passé un bon moment en compagnie des personnages de cette histoire, qui se lit rapidement. Ce que j’ai trouvé le plus intéressant c’est que, pour une fois, le thème du handicap physique est abordé et concerne directement les deux héros. En effet, Corey Callahan se retrouve en fauteuil roulant après un accident grave de hockey. Alors qu’elle intègre l’université de Harkness, ce qui lui permet de retrouver une certaine autonomie loin de la surprotection de ses parents, elle se retrouve voisine d’Adam Hartley. Le jeune homme, également très sportif, commence l’année en béquilles et privé de sa passion suite à deux blessures à la jambe. N’ayant pas forcément accès aux activités classiques des autres étudiants et ayant retiré une certaine maturité de ces épreuves, les deux étudiants lient rapidement une forte amitié et se serrent les coudes dans leurs difficultés respectives. Bon, rien de très surprenant mais vous vous doutez bien que cette relation entre les deux va évoluer et apporter son lot de complications ! « Notre année trouble » n’est pas la romance la plus révolutionnaire et surprenante de l’année mais c’est plutôt bien écrit et sympa à lire.
 
♦ 1 THRILLER

« Pandemia » de Franck Thilliez 
« Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c’est pire que s’ils tombent vraiment malades. D’un autre côté, s’ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi. »
Ok, ne me détestez pas, même si je viens de ressasser les mots maudits, que l’on voit passer en boucle aux informations et dans la bouche des gens depuis maintenant un mois et demi… Alors oui je sais, si vous avez vraiment besoin de vous changer les idées ou que vous avez une légère tendance à l’hypocondrie, ce roman n’est peut-être pas fait pour vous. Mais pour les amoureux des thrillers, des chapitres qui s’avalent avec frénésie et des enquêtes bien ficelées, « Pandemia » risque d’attiser votre convoitise. Ce titre a fait couler pas mal d’encre ces derniers temps, car Franck Thilliez a, en quelque sorte, anticipé, en 2015, une pandémie en France, avec toutes les conséquences sur la société que cela peut engendrer. A vrai dire j’avais peur que cela me semble trop redondant par rapport à notre actualité, mais en fait absolument pas. L’enquête est tellement passionnante et les personnes intriguants qu’on décroche vite de notre réalité pour rejoindre celle du Capitaine Sharko et de son équipe du 36 quai des Orfèvres. On suit également tout le travail des scientifiques de l’Institut Pasteur par rapport à leurs procédures et analyses des virus. En toile de fond : des meurtres qui s’accumulent dans des rituels morbides et une menace qui gronde au-delà de l’épidémie apparente. Comme d’habitude, je ne suis pas déçue par Franck Thilliez, son histoire est documentée d’informations réelles et ponctuée de références culturelles, ce qui enrichit considérablement son intérêt. C'est donc une très bonne lecture que je vous invite à découvrir. 

♦ 1 ROMAN
 
« Sale gosse » de Mathieu Palain
Je ne passe que brièvement sur ce titre car j’ai effectué une chronique complète sur ce roman, que vous pouvez retrouver dans cet article. Je ne connaissais absolument pas Mathieu Palain, cet auteur, qui signe avec "Sale Gosse" son premier roman. L'histoire qu'il raconte, c'est celle de Wilfried, un jeune qui subit, dès son plus jeune âge, le poids de son environnement familial. Placé dans une famille d'accueil, car sa mère ne peut pas s'occuper de lui, il se reconstruit petit à petit auprès de ces adultes aimants de substitution. Alors qu'un parcours professionnel dans le football se dresse devant lui, grâce à son talent et à son travail, tout bascule quand il décide de laisser s'échapper la colère qui dormait en lui. Il a 15 ans, et une suite d'évènements vient alors remettre en question ses repères et le replonger dans les failles liées à son histoire de vie. La délinquance lui tient alors les seuls bras qu'il est en mesure de saisir à ce moment là. Pourtant, Nina, une éducatrice de la Protection Judiciaire, croit en lui et ne compte pas lâcher ce jeune au potentiel certain. 
 
Voici donc mon bilan lecture du mois d'avril qui, comme vous avez pu le remarquer, était assez éclectiques. Et vous, quelles lectures ont animées votre confinement ?
 

samedi 28 mars 2020

"Le Signal" de Maxime Chattam



"Je ne suis pas convaincu que d'expliquer au monde entier que les morts sont juste de l'autre côté du miroir et attendent d'être libérés soit plus prudent. Les plus grandes tragédies de l'histoire ne sont-elles pas apparues lorsque la masse a eu le plus peur ?" 


Ce matin je viens de fermer la dernière page de ce roman et wow... comment vous dire ? Cela faisait longtemps que je n'avais pas été autant transportée par un thriller. Pourtant je suis une adepte de Maxime Chattam, dont la précision de la plume me fait à chaque fois vibrer. C'est même grâce à lui que j'ai été initiée aux thrillers, il y a 9 ans, avec "L'âme du mal". En même temps, en parallèle de l'écriture, cet auteur a suivi des cours de criminologie, autant dire qu'il maîtrise son sujet. Il n'a pas son pareil pour décortiquer les corps, écorcher nos yeux de lecteur et faire surgir des images insupportables, à la seule force de ses mots. C'est clairement l'un de mes auteurs favoris dans ce genre littéraire. Néanmoins, je l'avais un peu mis de côté, pendant quelques temps car, à trop le lire, je finissais par avoir un sentiment de répétition. "Le Signal" est l'un de ses derniers romans, paru en octobre 2018. Il nous emmène cette fois sur le versant du paranormal, ce qui a clairement attisé ma curiosité. Bien que je n'ai pas spécialement de croyances à ce sujet, j'aime ce que la culture en a fait. Pour autant, jusqu'ici je l'avais surtout expérimenté à travers des films, reportages et séries. Quand j'ai vu que Chattam s'était emparé du sujet, je ne pouvais décemment pas passer à côté. J'étais pourtant assez sceptique en lisant le résumé et en entamant le livre. 

La famille Spencer, à la situation plutôt confortable à New-York, décide de tout plaquer pour s'installer dans une vieille ferme rénovée à Mahingan Fall. Leur nouvelle vie paisible va pourtant prendre une toute autre tournure lorsque des manifestations inexplicables vont peu à peu prendre place entre leurs murs. En parallèle, meurtres atroces, cris inhumains sur les radios et vieilles légendes ne cessent de s'accumuler dans cette petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Les ombres se rapprochent. Jusqu'où iront-elles ? 

"Pour se rassurer, il ne cessait de se répéter que l'explication serait risible, à mille lieues des spectres de sa volonté, sans qu'il ait la moindre idée de ce que ça pouvait être, sinon un improbable tour de passe-passe psychotraumatique lié à l'histoire de sa maison."

Maxime Chattam nous embarque donc dans une ambiance qui m'a fortement rappelé "Ça" de Stephen King et la série "The Haunting of Hill House". Malgré un scénario qui s'annonçait plutôt convenu et prévisible - une petite famille tranquille qui emménage dans une maison hantée, on connait le topo - il a réussi à me surprendre et à innover au fur et à mesure des pages. C'est un bon pavé, de près de 900 pages, mais il se lit très facilement et, une fois accroché, à l'histoire il est difficile d'en détourner le regard. On s'attache inévitablement aux personnages, qui luttent désespéramment contre des événements qu'ils ne maîtrisent absolument pas. Et de ce côté là, Maxime Chattam est clairement impitoyable avec eux. On se prend à rêver d'une happy end. Mais, à Mahingan Fall, cela n'est pas une option. J'ai aussi beaucoup aimé les messages que l'auteur laisse passer, subtilement. Entre quelques apparitions paranormales, il nous glisse des propos féministes, nous invite à questionner la religion ou encore interroge le poids de nos croyances sur l'interprétation de l'histoire. C'est donc un très bon thriller que je vous recommande fortement, si vous avez le cœur bien accroché et êtes avides de frissons au milieu de la nuit, bien entendu... 

source

Et maintenant, dites moi, quel roman vous a fait le plus peur dans votre vie de lecteur ? 

mardi 3 septembre 2019

Pumpkin Autumn Challenge 2019 : Pile à Lire & Recommandations


Après une longue période d'absence, je repointe le bout de mon nez en même temps que pointe celui de l'automne. Et oui, septembre est déjà à la porte et annonce avec lui le début du Pumpkin Autumn Challenge ! On peut remercier Guimause Terrier qui, cette année encore, a regorgé d'imagination pour nous délivrer des menus alléchants... Pour les non initiés au challenge, je vous invite à aller voir l'article qui répondra à toutes vos questions à ce sujet. 
Cette année sera donc sous le thème "LA TÊTE DANS LES ETOILES", comprenant les quatre menus ci-dessous : 

source

Comme lors de la précédente édition, j'ai pris un réel plaisir à dégoter les bons ouvrages qui me permettraient de valider les différents thèmes, mais aussi d'alléger un tant soit peu toute mon étagère de livres en attente... A cela j'ai ajouté quelques recommandations que je peux vous faire pour chaque menu par rapport à des lectures passées. Et enfin, j'en profite également pour vous remettre le lien de mon article de la session 2018 puisque vous retrouverez facilement des thématiques communes et donc encore plus d'idées lectures ! Allez, sans plus attendre, je vous laisse découvrir ma PAL 2019...



Tu n'en reviendras pas
On va rester dans le thème de Stephen King pour ce premier menu puisque je ne peux que vous conseiller le terrible "Jessie", qui me traumatise encore des années après... Vous pouvez retrouvez le résumé et mon avis sur cette publication.  

Les Freaks c'est chic 
Alors là, c'est la sous-catégorie pour laquelle mon cerveau n'a pas eu besoin de plus de trois secondes pour trouver l'association parfaite. Car s'il y a bien un livre que je vous recommande sur ce sujet, c'est
- "L'anneau de Moebius" de Franck Thilliez, pour lequel je vous ai posté un avis ici.  





 Mon cousin le kodama
Je vais vous recommander une fois encore :
"Dans la forêt" de Jean Hegland, pour lequel j'avais fait une chronique complète l'été dernier, que vous pouvez retrouver ici.

Mystic day
- "Le zoo" de Gin Phillips, qui n'a pas été un coup de coeur mais dont l'histoire initiale a attisé mon intérêt.
- "Rat & les animaux moches" de Sibylline, BD dont je vous ai parlé il y a quelques mois ici.

Prenez garde aux souliers pointus 
En recommandations, j'ai lu dernièrement deux BD qui rentrent parfaitement dans ce thème :
- "Les filles de Salem" de Thomas Gilbert, dont je vous ai parlé sur Instagram.
- "Black Magick" de Greg Rucka & Nicolas Scott, sur lequel j'ai partagé mon avis ici.




Jack-O-Lantern 
Pour le côté enfance, mais moins l'aspect feel good j'admets, le roman "La ville des enfants perdus" de Jennifer McMahon m'avais bien plu. Vous pouvez retrouvez le résumé ici

L'autre mère
Pour rester cohérent sur les oeuvres de Margaret Atwood, je ne peux que vous conseiller sa plus connue "La servante écarlate". Bien que cette lecture remonte à mes années lycée et je me rappelle avoir trouvé le démarrage un peu long et fastidieux, cela n'en reste pas moins une oeuvre incontournable, dans la lignée de "1984". 



You're just as sane as I am 
Pour celle-ci, juste pour l'allusion aux étoiles et la couverture, je vous renvoie au roman jeunesse "Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers" de Benjamin Alire Saenz.

Rêvons-nous de moutons électriques
Enfin, pour cette catégorie, sans aucune hésitation, le premier titre qui m'est venu en tête et un classique :
- "La nuit des temps" de René Barjavel .
Niveau BD, je peux également vous diriger vers "La Brigade des Cauchemars" de Franck Thilliez, dont vous pouvez retrouvez le détail et mon avis sur cette publication.


C'est bon, nous arrivons au bout de cette liste interminable. A vous désormais de me partager vos avis lectures et suggestions en commentaires... ;)



*  Bonne rentrée à tous  *



vendredi 14 décembre 2018

Cold Winter Challenge 2018 : Pile à Lire



A peine le Pumpkin Autumn Challenge que c'est déjà l'heure du Cold Winter Challenge, un rendez-vous annuel proposé par Margaud Liseuse. Je vous invite d'ailleurs à aller lire son article sur le sujet si vous souhaitez avoir plus d'informations. J'ai mis un peu de temps à constituer ma pile à lire car j'avoue que les thèmes étaient un peu plus restreints que le précédent challenge, et que ce ne sont pas forcément des lectures vers lesquelles je tends habituellement. Mais après avoir déniché quelques trouvailles dans des boîtes à livres et en me baladant sur Instagram, j'ai fini par me faire une petite pile à lire qui me fait bien envie. A vrai dire, je vous fait cet article au 12 décembre mais j'ai déjà bien entamé le Cold Winter Challenge puisque j'ai lu trois livres sur les onze envisagés (saurez vous retrouver lesquels ?). Sans plus attendre, voici donc les différents menus avec mes lectures prévues. Je n'oublie pas non plus les catégories bonus, mais je vous les réserve pour le bilan au 31 janvier...



   LA MAGIE DE NOËL   
Noël/Nouvel An/Avent

"Ceci n'est pas qu'une comédie romantique"
de Julie Grêde
"Les vrais amis ne s'embrassent pas sous la neige"
de Juliette Bonte



   FLOCONS MAGIQUES   
contes/légendes/fantasy/fantastique


"Rogue" de Karen Lynch


"Les Carnets de Cerise" (tome 3) de Joris Chamblain et Aurélie Neyret
"Susine et le dormeiveil" de Bruno Enna


   MARCHER DANS LA NEIGE   
nature writing/littérature de voyage/grands espaces

"Écorces vives" d'Alexandre Lenot

"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson

"Le dernier trappeur" de Nicolas Vanier



   STALACTITES ENSANGLANTÉES   
polar/thriller/policier/roman à énigmes

"Le Noël d'Hercule Poirot" d'Agatha Christie

"La mort des neiges" de Brigitte Aubert 
"Le voleur de Noël" de Mary Higgins Clark

Bon, on ne va pas se mentir, le menu qui me fait le plus de l’œil est clairement "Stalactites ensanglantées" ! Les romances ce n'est vraiment pas mon truc, mais bon, on est dans une période festive pleine de chocolat et d'amour alors je vais faire un effort et je serais peut-être agréablement surprise, qui sait ? ;) En tout cas, j'espère que cette petite liste vous donnera quelques idées de lecture. N'hésitez pas à me donner votre avis en commentaires si vous en avez déjà lu certains. 

Et surtout, dites moi, quelles sont vos lectures prévues pour le Cold Winter Challenge ? 

mardi 23 octobre 2018

"Dans les bois" d'Harlan Coben


"J'ai essayé de m’exhorter à la prudence. De me rappeler que l'espoir était le plus traître des compagnons, qu'il pouvait vous broyer l'âme comme une coquille de noix vide."


Il ne m'aura fallu que quelques pages pour être absorbée pleinement par les bois, sortis tout droit de l'imagination d'Harlan Coben. Figure incontestée du thriller et du roman policier, je ne pense pas avoir besoin de présenter cet auteur, dont les dernières publications occupent toujours une bonne place en tête de gondoles. Pour ma part je ne suis pas une fervente lectrice d'Harlan Coben. J'avais beaucoup apprécié "Ne le dis à personne" mais le dernier lu, "Remède mortel", m'avait donné une impression de déjà vu. Je l'avais donc un peu laissé de côté, jusqu'à ce que, en constituant ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge, je retombe sur "Dans les bois", qui traînait dans ma bibliothèque depuis déjà un long moment. 


"Été 1958, New Jersey. Paul Copeland est animateur d'un camp de vacances à la lisière des bois. Une nuit, il abandonne quelques heures son poste. Quatre jeunes en profitent pour s'éclipser, dont sa sœur Camille. On ne les reverra plus. Seuls deux corps sont retrouvés. On attribuera leur mort à un tueur en série qui sévissait dans la région. Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu'il plaide dans une affaire de viol, il est appelé à identifier un corps. Stupéfait, il reconnaît formellement Gil Perez, un des disparus. Pourquoi les parents de Gil s'obstinent-ils à nier son identité ? Et si Gil a été en vie tout ce temps, se pourrait-il que Camille le soit toujours aujourd'hui ? Bien décidé à faire la lumière sur le drame qui n'a jamais cessé de le ronger, Paul va replonger dans les souvenirs de cette terrible nuit...". 

Ce roman commence à dater, puisqu'il a été publié en 2009 aux éditions Pocket. Alors certes, ce n'est pas de la grande littérature, il n'y a pas de figures de style transcendantes ni de vocabulaire très élaboré. Harlan Coben va à l'essentiel, dans un style efficace qui nous entraîne directement dans les nombreuses péripéties vécues par ses personnages. J'attendais une évasion de quelques heures et des rebondissements inattendus, et de ce côté là j'ai été servi. Sur les derniers chapitres je n'ai clairement pas pu lâcher le roman, obsédée par le désir de connaître le dénouement. 

Basiquement, mon état émotionnel sur les cinquante dernières pages :

source 

"La mort est comme un coup de masse, de la destruction pure. Elle frappe, vous êtes terrassé, vous vous relevez pour reconstruire. Mais ne pas savoir – le doute, le flou –, c'est un peu comme l'action des termites ou d'un germe insidieux. Ça vous ronge de l'intérieur. On ne peut pas empêcher la pourriture de proliférer. On ne peut pas reconstruire car la mort continuera son érosion."

Ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce thriller, c'est l'épaisseur du personnage principal Paul Copeland. Par épaisseur j'entends par là que j'avais vraiment l'impression d'enlever peu à peu chaque couche qui façonnait sa personnalité. Le fait de le suivre, en parallèle de l'enquête sur la disparition de sa sœur, dans son quotidien en tant que procureur, rend notre attachement et notre compréhension du narrateur plus facile. Car si Harlan Coben approfondit bien quelque chose, c'est les valeurs morales des différents protagonistes. Ici, au delà d'un drame familial, il s'agit surtout de déceler ce dont l'humain est capable pour survivre et protéger les siens. 

On découvre également toute la réalité de la mécanique judiciaire, que ce soit à travers le rôle de chacun (juge, procureur, juré, avocat...) ou de la description précise d'un procès pour viol d'une prostituée dans une fraternité élitiste du comté. J'ai ainsi retrouvé la dimension de spectacle qui se joue lors d'une audience pénale. Pour avoir assisté à plusieurs procès, la manière dont l'auteur le décrivait m'a semblé particulièrement juste et réaliste. J'ai retrouvé sans peine l'ambiance du tribunal et les questionnements autour de la notion de Justice. 

"Traitez-moi d’hypocrite - je ne dirai pas le contraire -, mais l’aveuglant soleil du monde réel brouille parfois la frontière entre le bien et le mal."

J'ai donc trouvé ici un élément que j'apprécie particulièrement dans ce genre littéraire, il nous fait sortir d'une vision manichéenne de l'être humain. Chacun est susceptible de basculer dans l'horreur, dans l'irréparable. Une action, un mauvais choix, une rencontre hasardeuse et voilà que nos beaux principes moraux volent en éclats. Alors dites moi, jusqu'où iriez vous pour protéger ceux que vous aimez ? 

vendredi 5 octobre 2018

"ÇA" de Stephen King

"Viens voir les paysages, prends un ballon, viens nourrir les éléphants et descendre le toboggan !
Ben, oh, Ben, comme tu vas flotter !"



De Stephen King, je n'avais lu, jusqu'ici, que l'effroyable "Jessie", qui me laisse encore des frissons deux ans après, et la nouvelle "Le singe", qui m'avait laissé sur ma faim. Puis, comme tout le monde je pense, je n'ai pas échappé à l'engouement médiatique autour de la sortie au cinéma de "ÇA" en 2017. J'ai alors vu le film, qui m'a franchement déçu et pour lequel je n'ai pas vraiment éprouvé d'intérêt, hormis autour de l'univers. Mais, voulant persévérer dans ma découverte de Stephen King et intriguée par le fait que "ÇA" avait déclenché pas mal de coulrophobie à travers le monde, j'ai décidé de m'attaquer au livre. Cette lecture sanglante validait par la même occasion mon premier menu du Pumpkin Autumn Challenge dont l'article est à retrouver ici.

source : weheartit
Pour ceux qui auraient brillamment réussi à ne pas croiser le chemin de Grippe-Sou le clown, voici le résumé de ce premier tome :
"Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité."

Vous l'aurez compris avec ces quelques lignes, le récit prend pied à deux époques : lors de l'enfance, puis à l'âge adulte des sept personnages principaux que constitue le club des ratés. Sauf que malheureusement ce n'est pas si simple, car en réalité Stephen King va nous embarquer dans un melting pot chronologique au niveau de la narration. Le but ? Retracer l'historique sanglant de la ville de Derry, afin de démontrer que, tous les vingt-sept ans, des événements terribles se déroulent dans une inlassable répétition morbide. La démarche est intéressante car cela nous permet de vraiment nous imprégner de l'atmosphère de l'histoire et de développer un univers plutôt riche. Sauf que, pour moi, c'est aussi un gros point noir dans cette lecture. A force de faire des apartés, des retours en arrière, d'insérer des récits de souvenirs au milieu de passages eux-mêmes basés sur des souvenirs d'enfance, on a tendance à s'y perdre. 

Ce qui m'amène à un deuxième point négatif : la multiplication des personnages. L'auteur a déjà fait le choix d'avoir pas moins de sept personnages principaux, autour duquel il fait en plus graviter un grand nombre de personnages secondaires. Cet élément et les basculements temporels incessants m'ont clairement freiné dans ma lecture, car j'avais l'impression d'être face à un récit haché et il m'était difficile de percevoir où Stephen King voulait en venir. De plus, ce qui est étonnant c'est que j'ai vraiment constaté une distinction entre les parties qui se déroulaient en 1957 (enfance) et celles de 1985 (adultes). Cette dernière m'a beaucoup plus intéressée et j'accrochais vraiment au récit. Car, on ne peut pas lui retirer ça, l'auteur brosse une galerie de personnages passionnants. Il prend le temps de décortiquer leurs personnalités, leurs failles, leurs émotions, et l'histoire n'en n'est que plus prenante et enrichit. 


"Je me sens comme doit se sentir un oiseau migrateur quand vient l'automne..il sait obscurément qu'il doit retourner chez lui. C'est l'instinct vois-tu..et quelque chose me dit que l'instinct est comme le squelette de fer qui se cache sous toutes nos idées et notre libre-arbitre"

Ainsi, plus on apprend à connaître Derry et ses habitants, et plus on a l'impression de basculer dans un huit-clos qui nous plonge peu à peu dans cette ville étouffante et angoissante. "ÇA" vient puiser dans la peur de chacun et s'en imprègne afin de la matérialiser. C'est aussi ça que j'ai trouvé dommageable dans cette lecture, alors que le concept en lui-même est vraiment très intéressant. Finalement on se retrouve avec, non pas un clown tueur, mais encore une fois toute une galerie de monstres et personnages horrifiques qui apparaissent sous de multiples formes. Résultat, j'ai eu du mal à adhérer à ces métamorphoses, qui étaient bien souvent beaucoup trop furtives et qui, en se multipliant, perdaient en crédibilité. Le temps que la pression monte au fil des phrases, ÇA avait déjà disparu, et les longues descriptions reprenaient...



Vous l'aurez compris, contrairement à ce à quoi je m'attendais, ce livre ne m'a pas empêché de dormir ni fait faire de cauchemars horribles. J'ai plutôt eu l'impression d'une lecture en dents de scie, avec des moments haletants où tout s'accélère, et brusquement de longs passages plats, mêlés à des histoires dont on ne justifie pas trop la présence sur le moment. Pour moi, on pourrait facilement couper 300 pages, sans que cela n'entache fondamentalement le récit (pour ceux qui l'ont lu, s'il vous plaît dites moi que je ne suis pas la seule à avoir trouvé terriblement longues les dizaines de pages sur la construction du barrage !). Bizarrement, j'ai beaucoup aimé le début et la fin du roman, mais tout le milieu m'a semblé être interminable. Finalement, deux mots me sont ainsi venus régulièrement en tête au fil de ce tome 1 : frustration et déception. J'attendais peut-être trop de "ÇA" et j'avais encore en tête ce que Stephen King avait réussi à me faire ressentir à la lecture de "Jessie". J'ai donc l'impression d'avoir eu en main plein de bons éléments, d'avoir côtoyé un univers très prometteur, et pour autant il me manque cette grosse pièce du puzzle qui m'aurait permis de vivre cette lecture à 200%.  Les ressentis vécus pendant la lecture sont généralement un bon indicateur d'évaluation pour moi, or là sur près de 800 pages je n'ai pas eu à affronter beaucoup d'émotions... 

"Des lumières s'allument sous son crâne, des projecteurs puissants. Comme s'il était resté assis vingt-sept ans dans l'obscurité d'un théâtre, à attendre que quelque chose se passe et que finalement le spectacle commençât." 


Je ressors donc avec un avis très mitigé sur ce premier tome de "ÇA", mais pour autant je ne ferme pas la porte au deuxième tome. Car le récit s'arrête vraiment au milieu d'une histoire qui a une continuité, donc je suis un peu curieuse de savoir ce que réserve la suite. A ce sujet, je vous invite d'ailleurs à aller voir la vidéo de Lemon June, qui a un avis assez différent du mien sur ce livre et qui apporte un regard plus large, puisqu'elle a lu le deuxième tome. Sa critique m'a permis de me rebooster dans ma lecture et d'envisager de lire le second roman. Mais on ne va pas se mentir, ce ne sera pas pour tout de suite !


Que vous ayez lu les livres ou vu les films, faites moi part de vos avis sur "ÇA". Et surtout dites moi ce que vous pensez de Stephen King et si vous avez d'autres titres à me conseiller pour reprendre du bon pied avec lui ;)